Les sports d’endurance mettent à mal le
mental de celui qui les pratique.
Pratiquer un sport d’endurance nécessite
d’avoir non seulement un corps entraîné mais également un mental d’acier.
« Un esprit sain dans un corps sain » comme le dit le vieil
adage. Afin de vous aider à repousser vos limites voici 5 astuces de Mickaël
Campo, docteur en psychologie du sport, pour renforcer votre mental en course à
pied.
1 – Ne pas anticiper la douleur.
La peur d’avoir mal est une des sources
les plus anxiogènes chez les athlètes. Parfois, cela les amène à ressentir des
douleurs avant même d’avoir rencontré la situation qui est censée en être à
l’origine. Ce sont les expressions physiques d’un stress psychologique. Un
groupe de recherche aux États-Unis a clairement établi que les coureurs qui se
pensaient capables de supporter les douleurs musculaires étaient plus
performants que ceux qui s’en croyaient incapables. Pour faire partie de la première
catégorie, "dédramatisez l’ampleur de cette anticipation, qui vous
amène fréquemment à évaluer ces futures douleurs comme plus intenses et
insurmontables qu’elles ne le seront", explique Mickaël Campo. Revivez
mentalement toutes les courses que vous avez finies, tous les challenges que
vous avez relevés. Vous voyez bien que vous êtes fort!
2 – Tenir malgré la distance.
Plutôt que de vous laisser envahir par
le découragement, concentrez votre esprit sur quelque chose de rationnel :
votre entrainement, votre performance, etc. Rappelez-vous pourquoi vous vouliez
participer à cette course, pourquoi vous vous entraînez ainsi. "Avant
la course, fixez-vous un objectif qui a du sens pour vous, qui vous rappelle
pourquoi ce challenge est important pour vous. Faites appel à cet objectif
autant de fois que vous vous trouvez en difficulté et, vous verrez, cela vous
aidera à persévérer", poursuit le Dr Campo.
3 – Franchir les difficultés.
Si vous associez la douleur avec une
pensée négative, vous aurez encore plus mal. Au contraire, quand vous êtes au
creux de la vague, pensez positif ! "Les courses sont longues et le
compétiteur a le temps de se parler intérieurement. C’est ce que l’on appelle
le discours interne de l’athlète. Le pouvoir de la pensée est sans commune mesure
et agit comme un coefficient de performance, amenant le coureur à réaliser des
prouesses !" Le pouvoir de la pensée positive est bien plus surprenant
qu’on le pense habituellement. C’est même parfois une force incroyable.
Concrètement, qu’est-ce que cela donne? Mickaël Campo répond : "L’idée
est de réfléchir, avant la compétition, à un mot ou à une phrase que vous
utiliserez sans cesse, du début à la fin de chaque difficulté (comme une côte
en course). Ce mot ou cette phrase doit avoir un sens très fort pour vous, de
manière à toucher votre motivation la plus profonde et vous permettre de
franchir chaque obstacle."
4 – Dépasser le mur.
Celui qui court 2 à 3 marathons par an,
connaît bien ce phénomène, habituel sur ce genre de distance. "La
première fois, on abandonne ! La seconde, on se dit que ça va passer."
Se préparer permet de mieux gérer. Même chose avec la douleur. Savoir que la
douleur est inévitable mais qu’elle va passer (en dehors de toute blessure,
évidemment) est un excellent moyen de se donner la force de continuer. Pendant
ces moments difficiles, le mieux est de se conditionner sur la foulée, se dire
que chaque mètre franchi est un mètre qui rapproche de la ligne d’arrivée et
donc de l’arrêt de la douleur. L’inconfort est ainsi temporaire, donc plus
acceptable.
5 – Gérer l’épuisement sur une longue
distance.
Ne vous laissez pas happer mentalement
par la douleur. Prenez-la comme une information (« mon organisme
m’envoie un signal, c’est que j’ai parcouru beaucoup de kilomètres« ),
mais sans qu’elle domine votre esprit. Détachez votre pensée du physique et
concentrez-vous sur l’analyse : si cette douleur est là, c’est que vous êtes en
train de parvenir à votre but, car on peut difficilement courir tous ces
kilomètres sans aucun bobo. Si la douleur est inévitable, elle est aussi le
signe que l’on est dans la performance, pas dans la balade ! "Une fois
ce processus établi, une fois que vous aurez compris que vous êtes en train
d’atteindre votre objectif, se distraire mentalement pendant cette période de
fatigue peut vous aider à vivre ce moment-là en accéléré. Avec votre objectif
d’arrivée en toile de fond, laissez votre esprit divaguer et se mettre en mode
automatique", explique Mickaël Campo. Laissez votre objectif
vous guider et votre esprit vagabonder et se distraire des sensations
négatives.
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